Retour sur le colloque « Violences faites aux femmes & Santé » - 14 mars 2014




Les violences faites aux femmes et leurs conséquences sur la santé étaient au cœur du colloque organisé le 14 mars à Paris par la MGEN et la Chaire santé de science Po en partenariat avec la MIPROF. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, et le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les professionnels de santé à ces questions. Enjeu : repérer les situations de violence pour favoriser une prise en charge précoce des victimes.



Violences faites aux femmes : sensibiliser les... par Mutualite




Extrait du discours de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem




"Je souhaite donc que l’entretien prévu au 4e mois d’une grossesse puisse être mis à profit pour améliorer le repérage des violences conjugales. Toutes les enquêtes montrent que c’est un moment décisif dans le parcours des victimes. Les professionnels en témoignent aussi. Les acteurs de la périnatalité ont signé la semaine dernière, au Ministère des Droits des femmes, un manifeste commun qui encourage les femmes victimes de violences à s’adresser à eux. Savez-vous que des violences sont constatées dans 3 à 8 % des grossesses et le taux de violences est encore 3 à 4 fois supérieur en cas de grossesse non désirée selon l’ENVEFF. Une étude longitudinale britannique a indiqué que pour un tiers des femmes qui connaîtront un acte de violence au cours de leur vie, le premier incident est intervenu pendant la grossesse, qui est donc un moment privilégié pour poser la question de la violence.



Chaque parcours est différent, mais il y a une réalité qui est commune à toutes les victimes : leurs difficultés ne se sont pas arrêtées du jour au lendemain, au moment où la justice a mis les mots sur ce qu’elles avaient subi.



Souvent, les violences qu’elles ont subies les ont blessées, blessures physiques, blessures traumatiques. Cela exige que l’on soigne ces blessures. C’est la condition d’un nouveau départ.




Nous devons mobiliser les Agences Régionales de Santé sur ces questions essentielles. Certaines le sont. Elles doivent toutes l’être. Je pense à quelques sujets sur lesquels les remontées que nous avons ne sont pas satisfaisantes, en particulier celui de l’articulation des Unités Médico-Judiciaires avec la médecine de ville et les établissements de santé. C’est un enjeu clé pour assurer un suivi continu des femmes battues. Face à une femme battue, on ne peut pas dire « attention ici s’arrête le soin, là commencent les constatations ». Un médecin est un médecin et sa responsabilité première est de soigner et d’éviter des ruptures de prise en charge très dommageables. Un autre défi est d’assurer une disponibilité de psychiatres ou de psychologues dans les UMJ, qui sont seuls susceptibles de rédiger des ITT psychiatriques, ce qui est indispensable pour établir la preuve de violences déclarées tardivement. Sur tous ces sujets, nous travaillons avec Marisol Touraine pour formaliser un parcours de soins pour les victimes de violences dans le cadre d’un protocole national. Nous venons de confier à plusieurs professionnels une mission pour préparer ce protocole. Leurs travaux s’achèveront au mois de mai. Ils seront ensuite déclinés au plan local par les agences régionales de santé."



Le discours dans son intégralité est disponible ici.