Marie-France Casalis, porte-parole de l’association "Collectif Féministe contre le viol"

Les viols dont on entend parler, c’est ceux qu’on voit dans les feuilletons télévisés, c’est les viols tard la nuit, avec les couteaux, dans un parking.

Parmi les viols que nous avons reçu à la permanence, et nous en avons entendu 36080, à la date d’hier, ça représente 1% des situations de viol.

80% des situations de viol sont des viols perpétrés par quelqu’un que la victime connaît.

Nos idées sur les lieux sûrs et les lieux dangereux, c’est des idées erronées. C’est pas ça la réalité des viols et de l’appropriation sexuelle des femmes. C’est dans ma maison, dans mon lit, au domicile.

Pour aider une femme qui a été victime de viol, et qui n’est pas en capacité de dévoiler la réalité, il faut repérer qu’elle va mal, car vous pensez bien qu’après avoir subi un viol, on ne va pas bien, on n’est plus comme avant.

Alors il y en a qui disent "Je fonctionnais comme un zombie, je ne savais plus ce que je faisais, tout m’était égal".

Il y en a qui nous disent, "Mon amie m’a dit, mais tu as un visage éteint, mort, qu’est-ce qui se passe ?"

Il y en a qui vont par exemple se laver, sans arrêt, il y en a qui ne pourront plus sortir de chez elles, ça s’est passé dehors, il y en a qui ne pourront plus prendre le trajet qu’elles utilisaient parce que ça s’est passé sur ce trajet, toutes sortes de signes qui manifestent que cette personne va mal.